Le monde affronte des moments de prise des décisions importantes. Nous vivons au cœur de différentes crises à échelle mondiale de dimensions financières, économiques, énergétiques, alimentaires et climatiques. Souvent, toutes ces crises se produisent en même temps et demandent des réponses rapides. Cette situation doit être prise en charge car elle affecte les conditions de vie dans le monde entier et provoque des effets difficiles à prévoir. Ces effets nuiront sans doute de façon directe aux pays du sud.
En Amérique Latine et dans les Caraïbes nous savons, par notre vécu, qu’une des conséquences la plus évidente de ce type de crises est la croissance du fossé d’inégalité, du manque d’équité et d’exclusion dans toutes nos nations. Ces expériences nous montrent que l’analyse de ces crises demande un regard qui aille plus loin que la conjoncture actuelle des phénomènes sans rapport. Nous devons voir au-delà des apparences mettant en relation des données. Nous ne devons pas réduire la discussion à une analyse technique qui prenne le pas sur la réalité pour justifier les inégalités et les asymétries dans une planète bourrée de tous ces problèmes. Cette vision est incapable de réduire la disparité entre riches et pauvres et elle nous conduit à une insupportable pression que nous exerçons sur l’environnement.
A cet égard, les crises mettent en évidence l’inégalité et le manque d’équité mondiale qui sont devenus des faits incontournables de notre réalité. C’est la population même qui a fait ce dernier constat et qui l’a mis sur la table du débat en dénonçant de façon permanente les politiques néolibérales. Ces dernières furent exécutées massivement depuis les années 80 et elles ont augmenté dramatiquement les asymétries économiques entre les nations et à l’intérieur de celles-ci. Les chiffres que les institutions internationales font connaître aujourd’hui ratifient ceux que nos organisations savaient déjà : le fossé salarial entre les pays pauvres et riches a augmenté pendant les derniers cinquante ans.
De la même façon, le manque d’équité ne fait que croître à l’intérieur de la plus part des nations. La solution aux crises de manière conventionnelle (partis politiques et modèle capitaliste) ne peut qu’augmenter l’ampleur de cette crise. Une réponse alternative à cette crise est peut être, l’opportunité d’inverser ce chemin de pensée qui nous entraîne vers l’exclusion de la plupart de la population(...).
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